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Histoire vraie · N°27

Boston 2018 : le fonctionnaire qui gagne sous la tempête

Lundi 16 avril 2018, Boston. Pluie glaciale, rafales de vent, quelques degrés au-dessus de zéro. Au bout des 42,195 km, c'est un employé de bureau d'un lycée japonais, sans coach ni sponsor, qui franchit la ligne en vainqueur.

Par la rédaction PacePoster · · 3 min · 9 sources

Yuki Kawauchi sur Heartbreak Hill, marathon de Boston, 16 avril 2018
Yuki Kawauchi sur Heartbreak Hill, marathon de Boston, 16 avril 2018 Rob Larsen, 2018, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons — bichromie PacePoster

01Un lundi de tempête

Ce jour-là, la météo est une punition : pluie battante, rafales jusqu'à 32 miles par heure (environ 51 km/h) et températures autour de 2 °C, selon l'Associated Press. Le départ le plus froid depuis trente ans, ajoute l'AFP. La course se dispute aussi cinq ans après les attentats de 2013 sur la ligne d'arrivée, qui avaient fait trois morts et des centaines de blessés.

2:15:58temps du vainqueur
1987dernière victoire japonaise
2:39:54temps de Linden

02Le bureau du lycée

Yuki Kawauchi, 31 ans, est fonctionnaire : employé de bureau au lycée de Kuki, dans la préfecture de Saitama. Pas de coach, et il s'entraîne sur son temps libre, souligne l'AFP. Pas de sponsor non plus : il tient à garder son poste, rapporte CBS Boston. En 2017, il a couru 12 marathons, six fois plus qu'un coureur d'élite ordinaire, selon l'AP. Il détient le record du nombre de marathons courus sous 2 h 20, reconnu par le Guinness.

Le froid, il connaît : le 1er janvier, il a gagné le marathon du Nouvel An de Marshfield, dans le Massachusetts, par -17 °C (1 °F) au départ.

Pour moi, ce sont les meilleures conditions possibles

Yuki Kawauchi, 16 avril 2018

03Une course qui s'effondre

Kawauchi part vite, trop vite : un premier mile en 4 min 37 s. Le peloton le reprend, puis le champion en titre, le Kényan Geoffrey Kirui, s'échappe dans les côtes de Newton, raconte Canadian Running. Mais dans le dernier mile, à Kenmore Square, le Japonais le rattrape et le lâche.

Il boucle en 2:15:58, contre 2:18:23 pour Kirui, soit 2 min 25 s d'avance. C'est le temps de vainqueur le plus lent depuis 1976.

Desiree Linden vers la mi-course du marathon de Boston, 16 avril 2018
Desiree Linden vers la mi-course du marathon de Boston, 16 avril 2018 Gr5555, 2018, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons — bichromie PacePoster, même licence

04Le plus beau jour

« C'est le plus beau jour de ma vie », dit-il, selon l'AFP (« This is the greatest day of my life »). Et sur la météo : « Pour moi, ce sont les meilleures conditions possibles » (« For me, these are the best conditions possible »). Il empoche 150 000 dollars, selon l'AP.

C'est la première victoire japonaise à Boston depuis 1987, l'année de sa naissance. Toshihiko Seko, qui avait gagné en 1981 et 1987, salue un « exploit formidable ».

Tu l'as courue ? L'affiche Boston Marathon, avec ton nom et ton temps →

05Le même jour, chez les femmes

Chez les femmes, c'est Desiree Linden qui gagne, en 2:39:54, avec plus de quatre minutes d'avance sur Sarah Sellers. Elle est la première Américaine à s'imposer depuis Lisa Larsen Weidenbach en 1985. C'est aussi le temps le plus lent pour une gagnante depuis 1978. « C'était comique de voir à quel point on allait lentement, et tout ce qu'il restait à parcourir », raconte-t-elle à l'AP (« It was comical how slow you were going, and how far you still had to go »).

Sa course a pourtant failli s'arrêter tôt : dans les premiers miles, elle pense abandonner. Elle l'annonce même à Shalane Flanagan, en lui proposant de l'aider. Quand Flanagan s'arrête aux toilettes, Linden ralentit et se retourne pour l'aider à revenir sur le groupe de tête. Elle finira par s'envoler.

Les sources de cette histoire (9)

Chaque fait a été recoupé dans au moins deux sources indépendantes. Quand elles divergent, le texte le dit.

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