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Histoire vraie · N°36

Stelvio 1953 : Coppi renverse Koblet et gagne son Giro

Le 1er juin 1953, le Giro monte pour la première fois au Stelvio. Fausto Coppi court derrière le maillot rose de Hugo Koblet. À l'arrivée, à Bormio, c'est lui qui le porte, après une journée où la promesse qu'on lui prête a volé en éclats.

Par la rédaction PacePoster · · 3 min · 16 sources

Hugo Koblet et Fausto Coppi (à droite) pendant la 6e étape du Giro d'Italia 1953
Hugo Koblet et Fausto Coppi (à droite) pendant la 6e étape du Giro d'Italia 1953 RotoFoto / Anefo, Nationaal Archief (Pays-Bas), 1953, CC0, via Wikimedia Commons — bichromie PacePoster

01Un Giro qu'il est en train de perdre

Hugo Koblet, vainqueur en 1950, porte le maillot rose. Le 31 mai au soir, Coppi accuse 1 min 59 s de retard. Ce jour-là, à Bolzano, il a gagné l'étape sans reprendre une seconde au Suisse : les deux hommes sont arrivés ensemble. Certains y voient une entente, rappelle Il Post.

Coppi, lui, paraît résigné. « Koblet a gagné ; je suis heureux de finir la course derrière un champion, Koblet ! Demain, il y a encore le Stelvio. Mais, demain, c'est trop tard ! », aurait-il dit à l'arrivée, selon l'envoyé spécial de l'Unità.

Le Giro, parti de Milan le 12 mai, doit s'y terminer le 2 juin. Il reste deux étapes, un Suisse en rose, et une montagne que la course n'a encore jamais gravie.

2 757 maltitude du col
48lacets
1er juinpremier passage

02Une promesse qui ne tient pas

La légende veut qu'un accord ait été conclu à Bolzano : l'étape pour Coppi, la paix pour Koblet le lendemain. Les versions varient, souligne Il Post, et rien ne prouve le contenu exact de l'accord. Ce qu'on sait, c'est la suite.

Dans la montée, au-dessus de Trafoi, c'est le jeune Nino Defilippis qui attaque. Selon une théorie, Coppi lui aurait demandé de le faire pour contourner l'accord. Koblet, censé rester tranquille, saute pourtant dans sa roue. Erreur : en réagissant, il se découvre.

Demain, il y a encore le Stelvio. Mais, demain, c'est trop tard !

Fausto Coppi, à Bolzano la veille (cité par l'Unità, 2 juin 1953)

0348 lacets, 2 757 m

Par Prato et Trafoi, le versant que prend la course ce jour-là, le Stelvio aligne 48 lacets jusqu'à 2 757 m (2 758 m selon d'autres sources, dont l'Unità en 1953). La route, construite par les Autrichiens, est achevée en 1825. En 1953, le Giro n'y était encore jamais monté.

Coppi accélère. Une fois, deux fois : les autres lâchent un à un. À la troisième, Defilippis et Koblet craquent à leur tour, raconte l'Unità. Au sommet, le maillot rose pointe à plus de quatre minutes.

Les lacets de la rampe est du col du Stelvio, côté Haut-Adige
Les lacets de la rampe est du col du Stelvio, côté Haut-Adige kallerna, 2025, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons — bichromie PacePoster, même licence

04Koblet tombe deux fois

Dans la descente vers Bormio, Koblet risque tout et reprend un peu de temps. Mais il crève, puis tombe, deux fois. Coppi franchit la ligne avec 3 min 28 s d'avance sur lui (« trois minutes et demie », arrondit Il Post). Il prend le maillot rose.

Que s'est-il passé la nuit, à Bolzano ? Fête trop longue, mauvaise nuit, excitants : les versions se croisent, et rien n'a été prouvé.

Tu l'as roulée ? L'affiche Passo dello Stelvio, avec ton nom et ton temps →

05Une victoire à 1 min 29 s

Au classement final, à Milan, le lendemain : Coppi, 118 h 37 min 26 s ; Koblet à 1 min 29 s ; Pasquale Fornara troisième, à 6 min 55 s. C'est le cinquième Giro de Coppi.

06Pourquoi on dit « Cima Coppi »

Le nom n'existe pas encore. Il naît en 1965 : depuis, rappelle Il Post, le plus haut sommet de chaque Giro s'appelle la Cima Coppi. Quand la course passe au Stelvio, c'est lui.

Les sources de cette histoire (16)

Chaque fait a été recoupé dans au moins deux sources indépendantes. Quand elles divergent, le texte le dit.

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