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Histoire vraie · N°32

UTMB 2003 : plus de 700 au départ, 67 à Chamonix

Fin août 2003, à 4 h du matin, plus de 700 coureurs quittent Chamonix pour faire le tour du Mont-Blanc d'une seule traite. Les organisateurs n'en attendaient pas autant. Le froid, la pluie et la grêle s'en mêlent, et seuls 67 bouclent la boucle.

Par la rédaction PacePoster · · 3 min · 19 sources

La ligne de départ de l'UTMB, à Chamonix
La ligne de départ de l'UTMB, à Chamonix BeatPitch, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons — bichromie PacePoster, même licence

01Quatre amis et une idée de fous

Au début, ils sont quatre : Catherine et Michel Poletti, René Bachelard et Jean-Claude Marmier. « Au début, nous n'étions que quatre », raconte Catherine Poletti (« In the beginning, it was really just four of us »). Leur idée : faire le tour du Mont-Blanc en une seule course, à travers la France, l'Italie et la Suisse. Michel Poletti se souvient de l'annonce des inscriptions, fin 2002, et de la première, arrivée le 2 janvier. Et de l'accueil : « À Chamonix, les gens pensaient que nous étions complètement fous. »

67arrivants en 2003
20 h 05temps du vainqueur
29 h 38première femme

02300 espérés, plus de 700 au départ

« Nous voulions 300 coureurs, et nous pensions que 500 serait un grand succès », raconte Michel Poletti. Au final, « un peu plus de 700 » prennent le départ. Le chiffre exact varie : 722 selon le bilan publié par Trail Endurance, environ 600 selon iRunFar. Chacun choisit sa distance en route : on peut s'arrêter à Courmayeur ou à Champex et être classé, ou aller jusqu'au bout, à Chamonix.

C'était de l'aventure, alors qu'aujourd'hui c'est de la compétition.

Dawa Sherpa, vainqueur 2003 (Outside)

03Dantesque

Le départ est donné à 4 h du matin, pas le soir comme aujourd'hui. Tout l'été, l'Europe a cuit sous la canicule. En course, le temps tourne : froid, vent, pluie. L'organisation parlera de « conditions dantesques (pluie, froid et grêle) ». La météo oblige à raccourcir le parcours, qui passe de 160 à environ 150 km, d'après iRunFar. L'Américaine Krissy Moehl, qui s'était préparée à la chaleur, l'avouera : elle était « terriblement mal préparée au changement de météo » (« woefully underprepared for the weather shift »).

Un point de contrôle de l'UTMB 2005, deux ans après la première édition
Un point de contrôle de l'UTMB 2005, deux ans après la première édition Thierry Braun, 2005, CC BY 2.5, via Wikimedia Commons — bichromie PacePoster

04Un maçon népalais de 33 ans

Le premier vainqueur de l'histoire s'appelle Dawa Sherpa. Népalais, maçon installé en Suisse, il a 33 ans et, dit-il, « aucune préparation spécifique ». Il boucle la boucle en 20 h 05, avec plus de deux heures d'avance sur ses poursuivants. Comme on pouvait s'arrêter à Courmayeur ou à Champex, il s'était dit : « on verra bien comment sont les jambes ». Elles sont bonnes. Plus tard, il résumera l'époque : « C'était de l'aventure, alors qu'aujourd'hui c'est de la compétition. »

Chez les femmes, Krissy Moehl gagne en 29 h 38, sur la plus longue course qu'elle ait jamais courue. Elle reviendra : elle gagnera de nouveau en 2009.

Tu l'as courue ? L'affiche UTMB, avec ton nom et ton temps →

0567

Au bout du compte, 67 coureurs seulement bouclent le tour complet, dont 7 femmes. Environ un partant sur dix, pour une course à laquelle une partie de Chamonix ne croyait pas.

06Le reste est connu

D'après le livre Grand Trail, de Frédéric et Alexis Berg, les pionniers voulaient animer la vallée pour prolonger la saison touristique d'été. Pari tenu : la course réunit aujourd'hui quelque 2 300 coureurs, chaque année le dernier week-end d'août. Ce qui était une aventure à 67 arrivants est devenu le grand rendez-vous mondial du trail.

Les sources de cette histoire (19)

Chaque fait a été recoupé dans au moins deux sources indépendantes. Quand elles divergent, le texte le dit.

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