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Histoire vraie · N°41

Zátopek, Helsinki 1952 : 5 000 m, 10 000 m, puis un premier marathon

Juillet 1952, Helsinki. Emil Zátopek a déjà gagné le 10 000 m et le 5 000 m. Il s'aligne alors sur un marathon, une distance qu'il n'a jamais courue. Il le gagne aussi. Entre-temps, sa femme Dana est devenue championne olympique, le jour même de son 5 000 m.

Par la rédaction PacePoster · · 3 min · 16 sources

Emil Zátopek et l'Argentin Reinaldo Gorno, premier et deuxième du marathon olympique d'Helsinki, dans El Gráfico du 29 août 1952
Emil Zátopek et l'Argentin Reinaldo Gorno, premier et deuxième du marathon olympique d'Helsinki, dans El Gráfico du 29 août 1952 Auteur inconnu, El Gráfico n° 1725, 1952, domaine public en Argentine (PD-AR-Photo) et aux États-Unis (PD-1996), via Wikimedia Commons — bichromie PacePoster

01Huit jours, trois épreuves

Le 20 juillet, Zátopek défend son titre olympique du 10 000 m et le conserve avec un record olympique, 29 min 17 s 0. Le 24, au 5 000 m, il est quatrième à l'entame du dernier tour ; il double tout le monde, pendant que le Britannique Christopher Chataway tombe après avoir accroché la bordure de la piste. Il gagne en 14 min 06 s 6, record olympique aussi. Trois jours plus tard, le 27, il s'aligne sur le marathon. En 8 jours : 3 épreuves, 3 titres. Olympedia juge ce triplé unique dans l'histoire olympique.

2 h 23son premier marathon
3 titresen 8 jours
2 h 20le record de Peters

02Dana, le même jour

Le 24 juillet, il n'y a pas que le 5 000 m. Dana Zátopková, sa femme, née le même jour que lui, le 19 septembre 1922, remporte le concours du javelot. Dès son premier lancer, avec un record olympique. Leur histoire commence d'ailleurs par un javelot : selon l'Associated Press, il l'avait courtisée en Angleterre, avant les Jeux de 1948, en jouant à se lancer un javelot. Richard Benyo raconte, dans la revue Marathon & Beyond, qu'il lui avait prêté sa médaille d'or comme porte-bonheur. Deux titres olympiques dans le même foyer, le même jour.

Rythme trop lent

Jim Peters à Emil Zátopek, marathon olympique d'Helsinki, 27 juillet 1952 (récit de son autobiographie)

03Un marathon jamais couru

Zátopek n'a jamais couru de marathon. Le favori s'appelle Jim Peters : en juin 1952, le Britannique a battu le record du monde en 2 h 20 min 42 s. Peters part vite, très vite. Il passe les 10 km en un peu moins de 32 minutes. Zátopek, lui, reste derrière.

Emil Zátopek en compétition en 1951, un an avant Helsinki
Emil Zátopek en compétition en 1951, un an avant Helsinki Roger et Renate Rössing, 1951, Deutsche Fotothek, CC BY-SA 3.0 DE, via Wikimedia Commons — bichromie PacePoster, même licence

04« Trop lent »

Zátopek et le Suédois Gustaf Jansson finissent par le rejoindre. La suite, Peters l'a racontée dans son autobiographie, citée par World Athletics. Deux ou trois miles côte à côte, sans un mot. Puis, peu avant le demi-tour, Zátopek parle : « Le rythme ? Il est assez bon ? » (« The pace? Is it good enough? »). Peters est presque à bout, mais ne veut pas le montrer : « Rythme trop lent » (« Pace too slow »). Zátopek insiste : « Vous dites trop lent. Vous êtes sûr que le rythme est trop lent ? » Peters répond oui. Zátopek hausse les épaules et, quelques instants plus tard, accélère avec Jansson. L'AIMS rapporte une version plus courte : « Jim, le rythme, ça va ? » — « Trop lent. » Peters ne reviendra pas : victime de crampes, il abandonne. Le bluff n'a pas tenu.

05Le ruban qui le sauve

Zátopek gagne en 2 h 23 min 03 s 2, record olympique. L'Argentin Reinaldo Gorno est deuxième en 2 h 25 min 35 s, plus de deux minutes et demie derrière. Après la course, Zátopek décrit ce moment en anglais, rapporte Radio Prague International : « J'avais peur de m'effondrer, ou quelque chose comme ça » (« I was frightened that I would collapse or something »). Et : « Sans manger ni boire, j'ai couru jusqu'au stade, seul le ruban m'a évité de m'effondrer » (« only the tape saved me from collapsing »).

Les sources de cette histoire (16)

Chaque fait a été recoupé dans au moins deux sources indépendantes. Quand elles divergent, le texte le dit.

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